Le sens du nettoyage
- 2NR: Nihon No Record
- il y a 4 jours
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En France, on dit que la période du grand nettoyage arrive vers avril, lorsque la douceur du printemps revient.
Au Japon, c’est à la fin du mois de décembre.
Il s’agit de nettoyer les traces de l’année écoulée pour accueillir la nouvelle année.
Et aussi de pouvoir commencer l’année sans avoir à s’en préoccuper.
C’est du moins ainsi que cela est souvent expliqué.
Je ne peux m’empêcher de ressentir une différence culturelle dans ce décalage de saison.
En France, lorsque les températures remontent,
que l’on se sent plus léger, que le corps bouge plus facilement,
l’idée de se dire « et si je faisais un peu de ménage » me paraît très naturelle.
D’une certaine manière, cela semble suivre un mouvement simple.
Au Japon, en revanche, le grand nettoyage de fin d’année est, pour être honnête, contraignant.
Il fait froid, et ce n’est pas vraiment un moment agréable.
Mais j’aime la sensation une fois terminé.
Le sentiment d’accueillir la nouvelle année dans un espace propre,
et l’impression que l’année à venir sera, elle aussi, pleine de promesses.
Il y a aussi, quelque part,
une forme de reconnaissance envers soi-même :
avoir fait ce qu’il fallait, malgré le froid et la contrainte.
Au Japon, l’idée d’« endurance » est parfois considérée comme une valeur.
« Avoir persévéré malgré tout »
est perçu comme quelque chose de positif.
Sinon, peut-être que cette tradition de nettoyage de fin d’année aurait déjà évolué,
pour devenir un nettoyage de printemps.
C’est ce que je me suis dit, devant un rayon de produits ménagers dans un supermarché.
Il ne s’agit pas de dire ce qui est mieux.
Mais depuis que je vis en France,
un certain relâchement s’est glissé dans mon grand ménage de fin d’année,
qui est devenu, en réalité, un ménage de taille plus modeste.



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