La destination de la dernière part
- 2NR: Nihon No Record
- il y a 2 jours
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Dans la salle de pause, il y a parfois des douceurs.
En France, elles disparaissent peu à peu, au rythme des conversations et du café.
Au Japon, la dernière part a tendance à rester.
Au Japon, cette dernière part semble suivre une sorte de petite règle implicite.
« Vas-y, prends-la. »
« Non, je t’en prie, prends-la toi. »
Après quelques échanges de ce type, quelqu’un finit par tendre la main, presque avec hésitation :
« Bon… alors je la prends. »
À ce moment-là, on ne sait plus très bien s’il avait envie de la manger ou non.
Je me demande alors, même en tant que Japonaise : où se trouve vraiment l’intention ?
Un jour, j’ai dit à une collègue française, presque sur un coup de tête :
« Avec les Japonais, il vaut mieux demander trois fois. La première réponse est souvent une forme de retenue. Peut-être qu’à la troisième, on se rapproche de ce qu’ils pensent vraiment. »
Depuis, elle s’est amusée à me poser ses questions trois fois.
Un jour, chez elle, j’avais utilisé une serviette.
Devant la serviette mouillée, elle m’a dit :
« Tu peux la laisser, ne t’inquiète pas. »
« Non, je vais la laver avant de te la rendre. »
« Vraiment ? »
« Oui, je vais m’en occuper. »
« Vraiment, c’est toi qui vas la laver ? »
« Oui. »
« Vraiment ? »
À ce moment-là, je sentais en moi apparaître doucement l’idée de dire :
« Alors… je vais peut-être te la laisser. »
C’était une remarque lancée presque au hasard, mais il me semble en effet qu’à la troisième fois, quelque chose change.
Comme si la retenue devenait un peu plus légère.
Trois fois…
Ce qui apparaît alors est-ce le véritable désir ?
Ou simplement une part de relâchement ?
Je ne saurais pas le dire.


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